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紅橋 KOKYO

Baisse de la fécondité, Baisse de la population et Superstitions

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

La présence des enfants sur les estampes au XIXème siècle est assez inhabituelle. Peut-être est-elle prémonitoire de la crise de la natalité dans laquelle est plongée le Japon depuis plusieurs décennies, et qui ne fait que s'accentuer.


Une diminution majeure de la population japonaise.

Depuis le pic de 2004 à 127,8 Millions d'habitants, la population japonaise décroit de manière accélérée. En 2025, il n'y avait plus que 123,2 Millions d'habitants. La baisse s'accélère et atteindra bientôt près d'un Million de personnes par an.


Les prévisions "certaines" pour 2050 font état de 91,5 Millions, soit le niveau du milieu des années 1950, et moins de 50 Millions à l'horizon 2100.


Cette situation est bien évidemment le résultat d'une fécondité déjà très basse depuis les années 60. Cette fécondité continue sa chute pour atteindre aujourd'hui 1,15 enfants par femme.

Le nombre de naissances continue également sa chute pour atteindre moins de 700 000 naissances en 2025 contre plus de 2 Millions dans les années 70

1966 : Vous aurez noté le point bas de 1966 (25% en dessous de 1965 et 1967).


1966 est l'année du Cheval de Feu dans le Zodiaque chinois.

Le Cheval de Feu (...1906, 1966, 2026,...)
Le Cheval de Feu (...1906, 1966, 2026,...)

Le Zodiaque chinois en quelques mots

Le Zodiaque chinois, qui fonctionne sur une base annuelle est la combinaison de 5 éléments et de 12 signes, chacun d'entre eux affectant la personnalité des individus


Les cinq éléments :

Les 5 éléments du Zodiaque chinois
Les 5 éléments du Zodiaque chinois

Les douze signes du Zodiaque chinois (douze animaux qui se succèdent) :

sur la partie inférieure, combinaison du signe avec l'élément
sur la partie inférieure, combinaison du signe avec l'élément

Les 5 élément et les 12 signes se combinent sur un cycle de 60 ans.


On peut constater que 1966 était l'année du Cheval de Feu, et que 2026 l'est aussi.


La superstition de l'année du Cheval de Feu


Les femmes nées l'année du Cheval de Feu sont supposées être maléfiques, avoir un tempérament violent et causeraient la mort prématurée de leur mari. Elles ont donc beaucoup de mal à se marier.


Les traces de cette superstition remontent au XVIIème siècle.


En 1683, une jeune fille, Yaoya Oshichi, née en 1666 (année du Cheval de Feu), provoque un incendie de sa propre maison, pour retrouver son amoureux :


Sa maison est détruite par un grand incendie (le Grand Incendie de Tenwa) le 25 janvier 1683, et elle se réfugie avec ses parents au temple Shosen-in où elle tombe amoureuse du page du temple, Ikuta Shonosuke. Finalement, la maison est reconstruite, et la famille d'Oshichi quitte le temple, mais ses sentiments pour Shonosuke n'en sont que plus forts.

Pensant que si sa maison brûle à nouveau, elle pourra retourner vivre au temple avec lui, elle y met le feu, désespérée de le revoir. L'incendie est rapidement maîtrisé et ne cause que des dégâts légers.


En raison de la loi du talion (les incendiaires sont condamnés à être brûlés vifs), elle est exécutée sur le bûcher le 29 mars 1683.


Yaoya Oshichi repose aujourd'hui dans un petit temple du quartier de Koishikawa à Tokyo.


Cette tragédie a renforcé la superstition des Japonais concernant "le danger" des femmes nées l'année du Cheval de Feu (cette superstition n'existe pas en Chine).


Fin du XVIIème siècle, un Haiku (poème japonais) évoque cette superstition :

"Si tu n'es pas une femme de l'année du Cheval de Feu,

 tu ne mangeras pas ton homme."


Le développement de la superstition au XXème siècle.


En 1906, la baisse des naissances ne fut que de 4%. La baisse est également liée à des manipulations de formulaires d'enregistrement des naissances : les parents ont falsifié les certificats de naissance.


Au début des années 1920, lorsque les femmes nées en 1906 sont en âge de se marier, et plus particulièrement entre 1924 et 1926, le nombre de suicides de femmes augmente fortement du fait de ruptures de fiançailles, de pessimisme quant à l'avenir ou à des paroles blessantes de la part des familles.


Dans les années 1920 et 30, avec le développement économique du Japon et son ouverture, on assiste à l'apparition de "Modern Girls" (MOGA en abrégé japonais) s'habillant et se comportant comme les femmes occidentales et souvent en rupture avec les pratiques traditionnelles.

Modern Girls 1920-1930
Modern Girls 1920-1930

Pour tous les conservateurs opposés à l'ouverture et au modernisme, ces comportements sont la preuve que les femmes nées en 1906 ont des personnalités "dangereuses".


La forte baisse de 1966 s'explique aussi par l'augmentation de l'espérance de vie qui fait que pour la première fois les femmes en âge d'enfanter en 1966, connaissent grâce à leurs grands-mères et mères les affres des femmes nées en 1906.


Etude de l'Université d'Osaka Kyoiku


Sur le sujet du Cheval de Feu, en 2023 l'Université d'Osaka Kyoiku a mené une étude auprès de 142 personnes nées en 1966 (56 % de femmes) et de 210 étudiants universitaires âgés de 18 à 25 ans (83 % de femmes).


Lorsqu'on a demandé aux femmes nées en 1966 : « Avez-vous déjà vécu une mauvaise expérience durant l'année du Cheval ? », environ la moitié mentionne avoir été perçue comme ayant un (trop) fort caractère, souvent par des femmes comme leurs mères, grands-mères ou tantes.

Certaines rapportent également avoir subi de vives critiques et une éducation sévère en raison du faible taux de natalité et du préjugé selon lequel les femmes nées l'année du Cheval devaient éviter le mariage.


Au final, seulement 1 % pensent qu'il faut éviter le mariage et la maternité, ce qui indique qu'elles n'ont pas une vision négative de leur propre année de naissance.


Mais :

  • 23% des étudiants ont affirmé croire dans la superstition du Cheval de Feu

  • 37 % des femmes ont déclaré craindre d'accoucher durant l'année du Cheval de Feu.


Noter que la Princess Kiko, femme du prince Akishino (frère cadet de l'empereur), et mère du probable futur empereur, est née en 1966. Son mariage en 1989 n'a suscité aucune critique et aucun problème avec son mari n'a été rapporté.

La Princesse Kiko et sa famille.        Le jeune garçon, le Prince Hisahito est le probable futur empereur
La Princesse Kiko et sa famille. Le jeune garçon, le Prince Hisahito est le probable futur empereur

Les mesures prises pour 2026

Aucune mesure spécifique n'a été décidée par le Gouvernement japonais pour 2026, mais il est certain que le nombre de naissance devrait chuter jusqu'à un niveau record.

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