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L'ère Kosho (XVème siècle) - Le système calendaire japonais

Dernière mise à jour : 6 oct.

L'estampe de Toshikata de la série "comparaison de 36 élégantes" présente une japonaise devant une boutique de tissu au XVème siècle, pendant l'ère Kosho (1455-1457).


Cette série d'estampes présente les femmes à travers les âges en faisant référence à différentes ères de l'histoire du Japon.

Comme le XVème siècle connaît peu d'évènements intéressants, le présent post va se consacrer à cette particularité japonaise qui perdure aujourd'hui : l'utilisation du nom d'une ère et non pas le décompte occidental des années.


Nous ne sommes pas en 2021 mais dans la troisième année de l'ère Reiwa (Reiwa 3).


Les papiers officiels mentionnent l'ère et non pas l'année occidentale.

Exemple d'un spécimen de permis de conduire valable jusqu'en Heisei 24 (2012) -surligné marron au milieu-, pour une personne née en Showa 43 (1968) -en haut à droite.

L'origine du système.

Le découpage du temps en ères impériales trouve son origine en Chine en 140 avant JC sous l'Empereur Wu.

Au Japon il est adopté en 645 sous l'empereur Kotoku, qui veut marquer le début de son règne : l'ère est nommée Taika (大化), le Grand Changement. Ce nom célébre la réforme de la vie de la Cour, de l'organisation du Japon et de la nouvelle structure de la haute administration du pays.

En 650 (Taika 6), débute l'ère Hakuchi (白雉) Faisan Blanc. L'Empereur a reçu en cadeau ce gallinacé qu'il prend comme porteur d'espérance et de prospérité.


Jusqu'en 1868, chaque Empereur peut au gré des évènements (ou de la cosmologie) changer le nom de l'ère (tous les 2 à 5 ans). Ainsi l'ère Kosho, qui est celle du sujet de l'estampe, dure de 1455 à 1457.

Ces ères portent des noms issus de recueils de littérature chinoise et véhiculent souvent les notions de lumière, de bien-être, de progrès, d'éternité, de divin, de justice.


Un règne, un nom d'ère

En 1868, avec la Révolution Meiji est instauré le système "Un règne, un nom d'ère" :

l'ère démarre avec le couronnement d'un empereur. Le nom de l'ère deviendra le nom posthume de l'empereur :


Hirohito est aujourd'hui connu sous le nom de Empereur Showa (ère de son règne)


Mutsuhito est plus connu sous son nom posthume de Meiji :



Le nom de l'ère est aujourd'hui décidé par le pouvoir politique (le premier ministre) sur proposition d'un panel de linguistes et d'historiens.


En octobre 1989, le Secrétaire Général du gouvernement (Ogushi) révèle le nom de la nouvelle ère : Heisei




En mai 2019, le Secrétaire Général du gouvernement (Suga) révèle le nom de la nouvelle ère: Reiwa

A noter que par commodité, le numéro de l'année change au 31 décembre : l'année Reiwa 1 a démarré le 1er mai 2019 et s'est terminée le 31 décembre 2019.


Noter comme le cérémonial est resté immuable...


Le sens des mots

Depuis l'ère Meiji, les noms des ères ont une valeur politique :


1868- 1912 Meiji 明治: La politique éclairée

1912-1926 Taisho 大正 : La Grande Vérité

1926-1989 Showa 昭和: L'harmonie/La paix lumineuse

1989- 2019 Heisei 平成 : La paix en devenir


Certains noms ont été peu en adéquation avec les évènements de leur époque : par exemple, l'ère Showa avec la Grande Guerre du Pacifique (nom japonais pour la deuxième guerre mondiale).


Jusqu'en 2019, les noms d'ères provenaient de recueils chinois, et la seule lecture des idéogrammes permettait d'en saisir le sens.


En 2019, pour la première fois le nom de l'ère est tiré d'un poème japonais du VIIIème siècle et son interprétation est plus complexe car Rei 令 signifie "froid" et Wa 和"Paix/Harmonie".


Le poème d'où proviennent ces deux idéogrammes est le suivant :

"Comme les fleurs de prunier en pleine floraison, annoncent l'arrivée du printemps après le froid rigoureux, chaque Japonais peut faire fleurir chaque fleur pour annoncer des lendemains qui chantent"


En synthèse, Reiwa est une époque où :

"il est bon de construire et de s'engager ensemble, pour la prospérité et l'harmonie du Japon"


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